
Résultats de la levée des fonds organisée le samedi 28 avril 2012 à HOUKAHA'A
A L'OCCASION DE LA POSE DE LA PREMERE PIERRE DE LA FUTURE CATHEDRALE de BAFOUSSAM
ABBE Barthélemy TCHUEM
Qui était l’Abbé Barthélémy TCHUEM? Un envoyé de Dieu ! Un apôtre de Jésus-Christ ! Un Pasteur sage, intelligent et fort ! Cela s’est fait voir à travers le travail abattu à la réouverture de l’église de Baham fermée en 1968.
De qui tenait-il toutes ses qualités ? De Dieu ! Mais il a su les faire rayonner auprès des enfants et des adultes, auprès des indigents comme auprès des bourgeois, auprès des femmes et des hommes, auprès de tous les enfants de Dieu. Avec une attention toute particulière il était à leur écoute pour saisir leurs interrogations.
Père, Frère et Ami de tous, où a-t-il posé les pieds sans y laisser une trace ? À Komako ? À Bafang ? À Bakou ? À Baham ? Dans quel diocèse ne s’est-il pas trouvé chez lui ? Dans quel pays d’Afrique ou d’Europe est-il passé sans avoir eu à donner et à recevoir pour nourrir son peuple ? Au Burkina FASO ? En Côte-D’ivoire ? En Algérie ? En France ? À Rome ? En Suisse ? En Belgique ou en Allemagne ?
Heureux les artisans de paix, le Royaume des cieux est à eux ! (Mt 5, 9) Barthélémy TCHUEM a œuvré pour la paix et la justice dans ce pays. Il fallait le voir à BANSOA, aller à la rencontre des maquisards, l’arbre de paix à la main, aujourd’hui symbole de la paix et de réconciliation dans notre Eglise ! (Il était un homme de la tradition).
Il fallait le voir défenseur intrépide de la justice et de la paix à la B.M. (Brigade Mobile) lors de l’arrestation de Mgr NDONGMO ! Comme il a été pénible de voir ce messager de la paix et de la justice sillonner les villages et les villes, frapper à temps et à contretemps à des portes et à des bureaux.
Il fallait le voir protester contre la course par tous les moyens frauduleux aux diplômes qui devait conduire le peuple et son pays dans l’impasse ! Qui pouvait l’écouter ? N’est-ce pas ce que nous vivons aujourd’hui, des années après sa mort ?
Homme de dialogue et de réconciliation, ça se voyait dans les mouvements d’action Catholique, la J.A.C., dans les Associations Chrétiennes et traditionnelles, chez les jeunes, les veuves, les reines, les Mkamsi, dans les Assemblées de prêtres, de religieux et de religieuses !
Homme fort et entreprenant, il s’est fait remarquer avec les pionniers à Nkondjock, avec NUFI à Bafang, avec le service de la santé à Bansoa ; à la relance de la construction de la Chefferie Baham, anéantie dans les troubles de l’indépendance.
Homme du développement, il organisait des sessions d’animation rurale, il fallait le voir au séminaire de la femme à Yaoundé ; Le père disait souvent que sa Bible c’est le peuple de Dieu à lui confié. Il avait une affection très particulière pour les sans-diplômes et les démunis de la société. D’où la création de la JAC qui deviendra plus tard le centre de promotion collective (CPC). « Il faut donner la possibilité aux jeunes de vivre grâce à ce qu’ils auraient produit eux-mêmes », conseillait-il ! Et c’est ce que nous vivons aujourd’hui dans le système éducatif qui pose des questions d’orientation et de professionnalisation. Il fallait le voir aux stages de formation en Haute-Volta ; avec la promotion Collective à Bafang et à Bayangam ! « Monsieur l’Abbé, tu t’occupes trop des femmes » disait-on ! « Avec raison, mon cher Ami », répondait-il « Former une femme, c’est former toute une nation, mais former un homme, c’est former un individu ».
Homme de grande ouverture, il aimait se voir entourer dans sa pastorale par les familles chrétiennes bien soudées car il y voyait déjà l’Eglise domestique. Dans ses projets, il pensait à une maison de retraite où les vieux couples se retireront souvent pour réfléchir sur leur vie d’ensemble. Il souffrait beaucoup quand il entendait parler des moyens scientifiques pour espacer ou limiter les naissances. Il avait un souci très poussé pour la promotion de la femme et se constituait défenseur énergique de la « femme aux droits piétinés », des veuves, des orphelins bref de tous les déshérités de la vie.
Homme d’Eglise très détaché des biens matériels, il avait un rêve particulier pour le clergé indigène à l’âge de la retraite. Il souffrait beaucoup quand un confrère traversait une phase difficile de son ministère. Il voulait des religieuses dont rien ne bloque l’épanouissement. Ouvert au monde extérieur, il jumelait de ses relations ses paroisses avec celles d’Europe et a prenait le « risque » d’y envoyer ses paroissiens pour vivre des expériences pastorales. Il trouvait sa joie dans ce qu’il recevait pour donner.
Homme d’œcuménisme, il a œuvré à Baham, dans son diocèse et jusqu’au Monastère de la Réconciliation à TAIZE, en France.
Homme d’une authenticité très poussée. Ayant passé son jeune âge dans son village, il connaissait profondément les mœurs, les croyances et les rites de chez nous. C’est pourquoi il mit sur pied dans deux paroisses (Dschang et Baham) une commission pour étudier certaines croyances ancestrales et concilier ainsi ce qui dans nos coutumes n’allait pas en contradiction avec l’évangile. Ce sera l’inculturation. En tant qu’ Africain et surtout Bamiléké de culture et d’origine, il souffrait beaucoup de voir les enfants d’une famille vivre sous des tendances diverses. C’est pourquoi dans le dialogue avec les frères protestants, les chrétiens défilaient ensemble à travers la petite ville de Baham le jour de pâques (œcuménisme).
Et nous croyons, avec fermeté qu’auprès de Dieu, dans son Royaume, il se débat encore plus pour nous. Nous en voulons pour preuves : Trois ans après sa mort, les Religieuses de l’Assomption se sont installées à Baham, le 30 / 11 / 1985, alors que la demande avait été adressée à Rome dix ans auparavant et était restée jusqu’alors sans réponse. A l’endroit où il avait le projet de construction de la maison de la femme a été érigée la maison des sœurs.
La mission
Passionné par le souci de l’inculturation de l’Evangile en Afrique, l’Abbé Barthélémy TCHUEM, sans toutefois se montrer hostile aux missionnaires occidentaux d’hier ou d’aujourd’hui, a su dans une analyse lucide de la situation de la mission évangélisatrice en terre africaine, développer une pensée missiologique très originale. En véritable pasteur universel, c’est souvent face aux Eglises d’Occident qu’il prêchait ce message remarquable sur l’essence de la mission aujourd’hui.
Il déplore avant tout l’orientation prise par la mission évangélisatrice en Afrique jusque là. Dans un entretien de Carême donné en Belgique en 1974 sur le thème « Justice… pour qui ? », il affirme que le message de Jésus, œuvre d’amour du Père, œuvre d’incarnation, a été imposé sans condition aux africains. De plus « Ceux qui apportaient ce message semblaient être des messagers de leur culture ». Ils n’en étaient pas toujours conscients ; pourtant, ils ne faisaient bien souvent, que de « l’Occidentalisation ».
Plus profondément encore l’Abbé Barthélémy déplore la perception globale que la plupart des missionnaires avaient sur l’Afrique et les Pays de mission en général. « Les missionnaires dont je ne mets pas en doute les bonnes intentions et le zèle ont trop souvent cru qu’ils avaient à combler un vide, un vide religieux, culturel, social même. Et ils ont pensé bien faire en nous proposant en vrac un christianisme de type européen et une civilisation qui devaient nous assurer à la fois une promotion rapide et le salut. Seulement, ce n’était qu’une illusion de leur part… » L’Abbé TCHUEM affirme que « L’ère de la vraie mission ne sonne qu’aujourd’hui. Au temps colonial, on a bricolé puisqu’on a imposé, choses incompatibles (foi et contrainte extérieure). Alors n’était valable que ce qui venait de l’extérieur… C’est aujourd’hui que se pose la vraie question de la mission. » En effet, loin d’une simple critique, cette analyse débouche de façon originale sur une remarquable conception chez l’Abbé TCHUEM de la mission évangélique.
Il affirme d’abord la « nécessité de greffer véritablement le christianisme sur la vie et la pensée africaine car le christianisme jusque là est resté quelque chose d’étranger ». Et dans cette optique, le missionnaire a un rôle nouveau. On doit aller en mission dans ce contexte « d’abord pour apprendre, donc se faire un des leurs (peuple évangélisé), partager leur vie ; ensuite seulement, être à même de leur partager le message du salut ». Il souligne ainsi l’impossibilité d’évangéliser les gens sans pénétrer leur culture, sans connaître leur monde humain qui sera le cadre même de la genèse du christianisme dans ce milieu.
Mais loin de prôner un éternel paternalisme, l’Abbé Barthélémy proposait une nouvelle vision de la mission : « Il est devenu banal de dire qu’un nouveau type de mission s’affirme. Ce qu’on attend du missionnaire, c’est qu’il apprenne à regarder », chose parfois difficile pour des gens qui ont vu tant de choses, qui savent et qui parle beaucoup… Le missionnaire doit redécouvrir la valeur de la pastorale du silence, d’un silence plein d’attention qui lui permettra de déceler les valeurs parfois supérieures à celles qu’il a vécu jusque là, des valeurs originales en tout cas. Le missionnaire doit accepter de recevoir bien plus qu’il ne donnera. C’est à cette condition qu’il pourra, avec ceux d’en face ... proposer efficacement le message du Christ. Car il s’agit d’annoncer l’Evangile et non d’organiser un réseau d’enseignements accumulés, ni de répondre à des besoins artificiellement créés. « L’Evangile doit toucher l’homme dans son individualité personnelle et collective avant de modifier son comportement ou les structures sociales. Il doit en quelque sorte renaître un christianisme original à partir de chaque culture. »
Il est clair que les vrais missionnaires pour cette nouvelle mission évangélisatrice en Afrique doivent être les Africains eux-mêmes. C’est d’ailleurs ce que prônait le Pape Paul VI à Kampala en 1969 : « Africains soyez vos propres missionnaires ». Pour cela, les prêtres africains ont eux-mêmes à se convertir de l’Occidental formé à l’Africain évangélisé. C’est ainsi que cette nouvelle mission, appelée de tous ses vœux par l’Abbé Barthélémy et aujourd’hui prônée par toute l’Eglise d’Afrique à la suite de l’assemblée spéciale pour l’Afrique du synode des Evêques tenue à Rome en 1994, portera tous ses fruits. Pour cela, il faudrait une réelle conversion de mentalité chez les missionnaires tant étrangers que locaux, une indispensable prise en compte du monde humain à évangéliser, et une authentique collaboration entre Eglises dans le respect de la dignité et des particularités de chacune.
« Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur qui vous paîtront avec intelligence et prudence. » (Jr 15) LE VISAGE D’UN AFRICAIN est la peinture vivante de ce qu’a été l’existence de l’Abbé Barthélémy TCHUEM depuis l’aube jusqu’au soir de sa vie. Cet hommage participe de notre souci de la sauvegarde de ce qu’a été ce missionnaire et du patrimoine qu’il a légué à notre Eglise, à notre temps et aux générations futures. Plein de reconnaissance, Père, nous te restons solidaires bien au-delà de la mort.
A l’occasion de ce mois des missions, prions Dieu pour les missionnaires de tout bord et rendons gloire à Dieu pour tout ce qu’il a déjà fait pour nous à travers ces serviteurs Barthélémy TCHUEM pour quelqu’un qui l’a vécu, vu et côtoyé, des livres ne suffiront pas pour définir, dire, parler de lui et le faire connaître, tant il profond !
Abbé Isidore TADJUIDJE
Un missionnaire trop vite oublié, le Père Vincent Ghiotto (1915 -1972)
Qui connaît encore le père Ghiotto ? Et pourtant, c’est ce prêtre du sacré-cœur qui sillonnait les routes des Bamboutos dans sa vieille landrover en plein maquis, allant d’un regroupement à l’autre pour consoler les chrétiens dans leurs épreuves. C’est de lui que les chrétiens du troisième âge dans les Bamboutos gardent un souvenir inoubliable. Permettez-moi de vous présenter quelques flashes de cette vie missionnaire hors du commun. Un jour, sur la route entre Babadjou et Balatchi les commandos étaient tombés dans une embuscade des maquisards et avaient perdus deux des leurs. Le Père Ghiotto était au point d’emprunter cette même route pour aller de Balatchi à Babadjou. Le chef des commandos disait au père : « Je vous défends de prendre cette route ! » Mais le père Ghiotto piqua une colère terrible et répondit au commandant : « Je n’accepte aucun de vos ordres, Monsieur le Commandant, de vous qui tuez les enfants et les mamans, vous êtes pires que les rebelles.» Et il sauta dans sa voiture pour partir à Babadjou. Son secret était de ne jamais prendre parti et de dénoncer les crimes de n’importe quel côté qu’ils venaient. C’était la raison pour laquelle les maquisards le respectaient.
Les gens des Bamboutos me disaient souvent : « S’il y a quelques préfets et sous-préfets parmi nous, c’est grâce au père « Amadoué », c’est son surnom dans les Bamboutos. Il fut un amoureux des écoles catholiques et dirigea ces écoles avec une main de fer. Il passait des nuits blanches pour corriger les examens à la lumière d’une lampe à pétrole, car Ghiotto passait le plus beau de ses jours dans les postes de brousse, où il discutait le soir de longues heures avec les chrétiens. Il était sévère pour les maîtres et les élèves et distribuait ses gifles aux uns et aux autres. Il y a même un évêque, originaire des Bamboutos, qui n’y a pas échappé. Vers 14h.00 il arriva souvent à une mission et laissa sa voiture à l’entrée. Il mettait ses doigts sur sa bouche pour dire aux gens de ne pas le saluer. Arrivé au niveau des écoles, il regarda si les maîtres dormaient en classe. Il s’approcha silencieusement et il donna une gifle sonnante aux dormeurs. J’ai rencontré un jeune homme qui s’appelait Martin et qui avait à l’âge de vingt cinq ans déjà quatre femmes. Je lui disais : « Martin, tu n’exagères pas un peu ! » Il me répondit : « Père, je n’ai fait que suivre les conseils du père « Amadoué ». J’avais très mal fait mon examen et il m’a attrapé et donné une raclée que je n’oublierai jamais. J’ai risqué d’y rester. A la fin il m’a mis devant le trou de la porte et m’a envoyé dehors avec un coup de pied en disant : « Rentre au village, tu ne sers à rien qu’à devenir polygame. Et je l’ai écouté ! »
Il faisait chanter les enfants des Messes en Latin et là aussi, il fut d’une grande sévérité. Un jour à Bamenboro, le kyrie était mal exécuté et le père quitta l’autel et distribua les gifles aux enfants sur la mélodie du kyrie : ky ri ye e le i et le son devrait atterrir sur les oreilles du maître qui en voyant arriver le danger sauta par la fenêtre et disparut dans la nature.
Lorsque le Père est mort le 13 Septembre 1972 à Paris, un voile de deuil allait couvrir les missions catholiques dans les Bamboutos. «Le père Amadoué est mort, le père Amadoué est mort » et les chrétiens commandèrent des dizaines de Messes pour le repos de son âme. A ce moment j’ai découvert combien il était aimé, lui qui a été solidaire du peuple de Dieu au moment des pires épreuves et a été durant sa vie apostolique proche des pauvres. Il dormait dans leurs maisons, mangeait leur nourriture, était à l’écoute de ce peuple meurtri. Un homme de chair et de sang avec ses défauts, mais très attachant. Et les maîtres étaient les premiers à le regretter. Père Vincent Ghiotto sous les apparences rudes cachait un cœur d’or et les simples gens ne regardent pas les apparences, mais le cœur de l’homme.
Père A. Huisken SCJ
1) Parmi les prêtres
* Le Révérend Père Ernest ROGER de Bandjoun-Pète.
C’est un prêtre missionnaire de la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus, entré au Cameroun en 1951 et décédé dans un accident de voiture en mars 1975. Il est plus connu avec son petit nom africain de « Ta Souop » à cause de l’amour de Dieu dans la culture des peuples de son champ pastoral du territoire Bandjoun. Le Père ROGER se présente désormais, à Bandjoun et dans le Diocèse de Bafoussam, comme celui qui a su allier la prédication de l’Evangile avec les efforts d’extension des écoles, de construction des premiers bâtiments de l’Hôpital Ad Lucem et d’ouverture du collège Saint Joseph.
* l’Abbé Louis-Marie NKWAYEB
C’est un prêtre diocésain, ordonné en 1958 et décédé un matin du 18 août 1984, en voulant relever de terre son paroissien en danger de mort. L’Abbé Louis Marie NKWAYEB restera pour notre mémoire collective cet aîné qui su faire de la charité d’âme de la mission tout au long de ses 26 ans de sacerdoce entièrement consacrés à la cause des jeunes. C’est tout un monde de séminaristes et de collégiens d’hier qui peut témoigner de l’assistance trouvée auprès de cet ancien vicaire Général et Principal du collège Saint Laurent de Bafou et du collège Saint Thomas d’Aquin de Bafoussam. Tout un monde de hauts cadres du pays et de confrères sont le financement de leurs études secondaires consistait en une symbolique contrepartie en investissement humain en week-end et pendant quelques journées prises sur leur temps de vacances !
* Le Révérend Père Bernard GROUX
Il est, lui aussi, un prêtre missionnaire de la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus, membre de la communauté du Mont Saint Jean à Bafoussam, arrivé au Cameroun en 1968.
Je peux dire du Père Bernard GROUX qu’il s’est totalement investi dans des œuvres de témoignage social hardies : telle l’ouverture dans la ville épiscopale de deux centres de formation dont l’un à la Prison Centrale pour la réinsertion professionnelle des anciens prisonniers et l’autre au Cœur de la ville pour l’insertion socioprofessionnelle des enfants délaissés et handicapés. C’est avec le même zèle que le Père Bernard coordonne la Commission Diocésaine « Justice et Paix ».
2) Parmi les religieuses
Au fond, ce sont toutes les congrégations religieuses féminines qui se consacrent aux œuvres de charité dans le Diocèse de Bafoussam, avec une prestation sociale très appréciée et recherchée par toutes les couches de nos collectivités locales chrétiennes et non chrétiennes.
Cependant, quelques- unes parmi toutes ces congrégations se distinguent par leu charisme, en marquant de façon très particulière des points dans leurs œuvres de charité évangélique. C’est le cas notamment des Filles de la Charité de Sainte Louise de Marillac et de Saint Vincent de Paul dont le rayonnement des œuvres de santé à Dschang, à Foumban et à Bafoussam donne de mieux comprendre la mission de salut de l’Eglise à la suite du Christ, divin Médecin descendu du ciel pour le salut de l’humanité.
3) Parmi les fidèles laïcs
Le Diocèse de Bafoussam compte, à ce jour, parmi ses fidèles laïcs, un nombre considérable de chrétiens dont les options et les gestes de témoignage chrétien sur le plan social montrent qu’ils vivent au quotidien les enseignements du Maître dans son testament sur l’amour : « ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres » (Jn 15,17).
Il s’agit ici des fidèles laïcs gagnés au Christ par une foi solide qui ont pu témoigner de leur amour pour Dieu et pour le prochain. On les retrouve parmi les personnes qui, très modestement, aiment se présenter souvent comme des « simples chrétiens ». On les retrouve parmi les catéchistes animateurs de la caritas dans les postes de mission. On les retrouve parmi les animateurs de la caritas dans les CEB qui organisent des services de l’assistance aux personnes en détresse dans les quartiers de leurs paroisses.
Un nom : Robert NAOUSSI OU LE TEMOIGNAGE D’UN MARTYR
Quand on évoque le souvenir de ce jeune collégien de Bafoussam, c’est davantage pour souligner jusqu’où peuvent conduire l’amour et la confiance totale en Dieu dans les épreuves de la vie qui n’épargnent aucune tranche d’âge en ce monde.
En effet Robert NAOUSSI, c’est un jeune collégien de la classe de 5ème subitement frappé par la lèpre. Cette maladie va finir par l’emporter après l’avoir complètement défiguré avec toutes les amputations subies, malgré tous les soins payés par ses nombreux bienfaiteurs missionnaires pour le sauver.
Si Robert NAOUSSI est présenté comme un martyr, c’est pour son attitude très édifiante devant les souffrances qui vont le conduire à la mort. Comme Job, robert à su faire de ses épreuves une oblation. Comme Jésus et à la suite de Jésus, notre collégien mourant s’est efforcé d’offrir à Dieu ses souffrances de jeune lépreux pour la conversion de tous les autres jeunes de son Diocèse. Naoussi Robert nous donne ainsi de comprendre, pour toujours, que Dieu est Amour (« Deus caritas est »), comme nous l’enseigne le Pape Benoît XVI dans son encyclique.
Tel est l’hommage que nous rendons à nos missionnaires d’hier et d’aujourd’hui. Etant entendu que le meilleur hommage à leur rendre, c’est de chercher à devenir nous-mêmes, dans notre Diocèse, autant de missionnaires de l’amour de Dieu qui ne tarira jamais. Ce sont tous ceux qui accueillent l’Evangile qui doivent s’efforcer de devenir des témoins de l’amour de Dieu dans leurs différents milieux de vie.
Abbé Mathias TEGOMO-NGUETSE
Curé doyen de Mbouda

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